Cet
été, la ville de l’Isle-sur-la-Sorgue présente Nils-Udo au Centre d’art
Campredon. A partir du 30 juin, peintures, photographies, encres de chine
récentes et plus anciennes permettront de prendre la pleine mesure du talent de
cet artiste hors-norme.
Nils-Udo,
précurseur du mouvement « Art in Nature », interagit sur le paysage sans jamais
le violenter. Du Connemara à la Réunion, de l’île de Vassivière à Central Park,
ce globe-trotter conçoit chaque intervention avec les matériaux collectés sur
place.
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Nils-Udo, plasticien allemand, commence sa carrière
d’artiste par la peinture puis s’adonne à la photographie à partir
d’installations qu’il réalise dans la nature. Délivrées de l’anonymat, ces
réalisations se font « nids », « autels », « maisons
d’eau » sous les doigts de l’artiste qui les photographie ensuite, à leur
plus haut point d’intensité, avant de les rendre à la terre, où elles subissent
l’érosion du temps.
Pionnier, en Europe, de l’intégration de l’art dans la nature, Nils-Udo
se démarque des artistes Land Art, auquel il est parfois rattaché. En célébrant
la nature comme il le fait avec ses installations, Nils-Udo nous oblige non
seulement à redécouvrir ce que notre œil et nos sens ne perçoivent plus, mais
nous place face à nous-mêmes, nous rappelant sans cesse notre fragilité.
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De ses photographies ; Reflets intimes
de la nature.
Dans ses photographies, il fait surgir dans et de la nature, des installations qui s’inscrivent dans la mémoire
d’un lieu. « Nils-Udo nous offre le
concept de « nature vivante », fragile, mouvante, bruissante ou silencieuse,
toujours gracieuse, il nous propose de surprenants phénomènes colorés et l'on
éprouve l'impression d'une présence qui va de soi, qui vient à soi, entière,
indivise, inexplicable et cependant indéniable, tel un don généreux qui fait
que tout est là, miraculeusement là, diffusant une lumière d'une couleur
d'origine, murmurant un chant natif de cœur à cœur, d'âme à âme »,
explique André Siegel, commissaire de l’exposition à travers les « Cinq
méditations sur la beauté » de François Cheng.
Au cœur des paysages : à travers
peintures et encres de chine.
C’est en 2004, que Nils-Udo renoue avec la
peinture, de manière quasi passionnelle. Quand il prend ses pinceaux, c’est
pour se réapproprier la nature et la restituer sous une nouvelle forme. Jeux de silhouettes et de reflets, d’ombres et
de lignes, ces tableaux s’échappent du modèle et tendent vers l’abstraction. « Je pars de la nature, mais j’arrive à
l’abstrait, à la composition qui ne reproduit pas, aux couleurs qui ne sont
plus celles d’objets réels, qui sont des couleurs tout court » explique-t-il.
Dans ses encres de chine, Nils-Udo tente la rencontre de deux
expressions : photographie et peinture. Il réunit la force, la vigueur et
l’énergie avec la légèreté et la délicatesse de la calligraphie. L’artiste
assure ainsi la meilleure transition entre des photographies anciennes et des
peintures récentes.
Ses huiles sur toile, comme ses encres de chine,
sont autant de représentations de son unique univers artistique, la nature.
C’est davantage l’atmosphère qui règne dans chaque paysage qu’il nous livre,
plutôt que des contours précis ; « le génie des lieux » comme il
le dit.
Ces trois disciplines, peinture, photographie et encre de chine,
s’inscrivent dans une seule et même démarche située dans le cheminement d’un artiste
en constante recherche de la beauté. Deux films projetés à l’occasion de cette
exposition révèlent également l’élaboration de ses installations et de ses projets monumentaux.